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La filière travail social à orientationsLe champ professionnel de la filière du travail social s'inscrit au coeur des rapports sociaux et de leurs contradictions. Pour prévenir et répondre aux phénomènes, marquant de manières variées la marginalisation des individus et de certaines populations (inadaptation, désaffiliation, désinsertion), les sociétés démocratiques se sont dotées de dispositifs de régulation sociale dont les professions du travail social sont un des piliers. Trois professions composent le noyau dur de ce champ professionnel: le service social, l'éducation sociale et l'animation socioculturelle. Ces professions sont nées et se sont développées en lien direct avec des évolutions politiques, économiques et sociales dans les sociétés modernes, et les transformations actuelles (globalisation de l'économie, crise de la valeur «travail», remise en cause de l'État social, paupérisation, etc.) ne manquent pas d'affecter leurs missions et leurs pratiques, en imposant notamment la notion de compétence dans l'abord de la personne humaine. Le/la travailleur·e social·e a pour fonction d'apporter aux usagers/ères, par des actions de prévention et d'intervention, des ressources et des stimulations pour leur insertion (ou leur réinsertion) sociale dans le respect de leur spécificité. Il/elle fonde son action sociale et culturelle sur une conception démocratique de l'être humain et de la société, où chacun-e voit garantis et respectés ses droits fondamentaux et sa capacité à agir en tant que citoyen-ne sur le présent et le devenir de la société. Ces valeurs s'opposent au processus d'exclusion des rapports sociaux, caractéristique de nombreuses usagères et nombreux usagers des institutions et services sociaux; mise à l'écart et mise au pas sont tous deux inacceptables, quelle que soit l'origine ou la manifestation des difficultés rencontrées dans l'insertion. Le/la travailleur-e social-e est avant tout un-e généraliste, un acteur ou actrice polyvalent-e qui doit avoir des compétences transférables dans des situations très variées. Il/elle doit savoir entrer en relation et collaborer avec des personnes et des collectifs de statuts divers et de cultures différentes. Il/elle doit pouvoir prendre en compte dans ses pratiques les discriminations qui s'opèrent dans l'organisation sociale, notamment envers les femmes, les étrangers/ères et plus généralement envers les minorités. Il/elle doit être capable de s'appuyer sur des références multiples (politiques, légales, axiologiques) pour asseoir la légitimité de ses actions. Il/elle doit pouvoir mettre sur pied et développer des projets individualisés et collectifs, aux finalités explicites, en partenariat avec les personnes impliquées. Il/elle doit savoir inscrire son action spécifique dans le cadre d'un réseau de collaboration avec des acteurs et actrices d'autres champs professionnels (social, politique, sanitaire, judiciaire, etc.). Éléments de distinction entre les 3 professionsParler de travail social et de travailleur-e social-e, c'est insister dans un premier temps sur le fait que les trois professions de ce champ ont des points communs entre elles. Mais la segmentation de fait du travail social en diverses professions nous oblige aussi à considérer chacune d'elles en fonction de ses spécificités. En tenant compte du fait que la séparation entre la part commune et la part spécifique à chacune de ces trois professions est mouvante et différente selon les régions, de même que leur inscription dans des contextes institutionnels, on se contentera d'évoquer ici quelques facteurs de distinction tendanciels. D'une manière très générale on peut dire que:Les assistantes sociales et assistants sociaux sont plus fréquemment appelés à faire un travail interindividuel ou en groupe restreint, dans des lieux tels que offices et centres sociaux, hôpitaux, entreprises, services de protection de l'enfance et autres services spécialisés... Leurs compétences sont affinées dans le domaine administratif, juridique et psychosocial. Leur confrontation aux mutations du monde du travail est particulièrement prégnante. Les éducateurs sociaux et éducatrices sociales travaillent de façon privilégiée en rapports interindividuels et en groupes restreints dans des lieux de vie, centres de jour et externats, ateliers divers, lieux d'accueil d'urgence ou domicile des clients... Leur confrontation à l'univers quotidien des personnes dont ils assurent le suivi éducatif marque fortement leur mode d'intervention. Les animateurs socioculturels et animatrices socioculturelles privilégient le travail collectif dans des lieux tels que centres de loisirs, maisons de quartier, EMS, syndicats, lieux culturels, associations... Leur fonction de médiation entre les groupes, de facilitateurs/trices du lien social et du jeu démocratique donne à leur travail une coloration spécifique. |
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