|
|
Participer à un groupe pour auteurs de violences dans le couple : entre contrainte et espoir de changementPrésentation de Susanne Lorenz & Sarah Dini de l'Institut santé social HES-SO Valais et Christian Angalda du Service ViFa de Lausanne La seule répression ne permet pas à une personne auteur de violences au sein du couple de remettre en question les rapports de pouvoir qui sont à la base de ses actes. L'intervention contre ces violences requiert donc des mesures à plusieurs niveaux. Les programmes pour auteurs complètent l'arsenal des mesures répressives et de protection des victimes. Ces programmes se sont développés à partir des années 80. Si ces mesures se distinguent par des contextes différents d'intervention, elles présentent aussi des points communs, au nombre desquels l'association d'entretiens individuels au travail de groupe. A l'heure actuelle, l'entrée dans un tel groupe thérapeutique reste plutôt l'exception que la règle. Par ailleurs, le nombre de personnes qui abandonnent une telle démarche varie sensiblement. Le service ViFa constitue la structure vaudoise spécialisée dans l'intervention auprès de personnes auteurs de violence dans les relations intimes. Les objectifs visent le dévoilement, la responsabilisation, la compréhension de l'origine des violences, le développement des stratégies pour contenir les agressions, ainsi que le repérage et l'expression d'émotions exemptes de violences. Le programme comprend trois phases : un entretien téléphonique, une série d'entretiens individuels et au moins un cycle de 21 séances de groupe. Suite au groupe, des entretiens post-cure sont proposés. Lors d'une première recherche DoRe, l'analyse de 41 dossiers établis lors d'entretiens individuels, ainsi que les enregistrements vidéo de séances de groupe pour 14 hommes a mis en évidence que les participants viennent de tous les horizons socioculturels et que la plupart se caractérise par un engagement dans une relation durable. Le premier contact avec le service intervient principalement lorsque les personnes auteurs entrevoient des conséquences à leur acte (une séparation qui perdure, une plainte pénale non retirée, etc.). La démarche a alors pour objectif prioritaire de reprendre la vie de couple. Au fil des séances, les participants se responsabilisent et prennent conscience tant de l'envergure que du caractère répétitif de la violence exercée. Pour la plupart, le comportement violent permet de se repositionner dans des situations vécues comme disqualifiantes. Dès lors, ils requalifient leurs actes, jugés alors inacceptables et identifient leur responsabilité de mettre en place des stratégies pour éviter le passage à l'acte. L'évolution des propos des participants témoigne du passage d'une intention de changement plus ou moins concrète à une demande d'aide formulée pour soi-même. Dans ce processus, les interactions avec les autres participants sont vécues comme un soutien précieux. Les échanges leur permettent de comprendre le lien entre actes violents et modes de fonctionnement, ainsi que d'imaginer des alternatives. Ces constats sont à l'origine d'une seconde recherche. Cette dernière souhaite analyser les liens entre dynamique de groupe, l'identification de bénéfices personnels respectivement intériorisés et l'assiduité dans une telle démarche. Cette présentation tend à mettre en perspective l'évolution du discours des participants et la dynamique du travail thérapeutique de groupe, en abordant le rôle des interactions entre participants et l'engagement dans le travail de groupe. |
|
|
|
Powered by TYPO3 |