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Genre, pouvoir et travail social. Transformations du travail social après la Seconde Guerre mondiale à la lumière des rapports sociaux de sexe

9 juin 2016
11:15 - 12:45
Université de Lausanne
Société suisse d'histoire et Instituts d'histoire de l'Université de Lausanne

Les rapports de pouvoir traversent l’histoire du travail social dès ses origines. La gestion des rapports entre classes sociales, cultures, religions, ainsi que les rapports entre personnes considérées comme intégrées à la communauté et celles désignées comme étrangères ou marginales, sont au centre des réflexions et des pratiques des premiers et premières professionnelles du social. Qu’il s’agisse de gérer les rapports de pouvoir en faveur des dominants, ou au contraire de s’engager pour défendre les plus démuni⋅e⋅s et/ou soutenir des formes de résistance ou de révolte, l’intervention des travailleurs et travailleuses sociales (TS) n’est jamais neutre. Parmi ces rapports de pouvoir, les rapports sociaux de sexe jouent un rôle central. Dans ce domaine, divers auteur⋅e⋅s ont montré l’importance du rôle joué par des femmes, et notamment des féministes, dans l’élaboration des premières théories et codifications de l’intervention sociale, la création d’institutions sociales et la mise en place des premières écoles de service social. Pour ces femmes, souvent issues de la bourgeoisie, la professionnalisation du travail social devait permettre à la fois une meilleure prise en charge de la question sociale, mais également une certaine émancipation féminine par l’offre de métiers qualifiés aux femmes de la petite et moyenne bourgeoisie. Ces visées féministes ne les empêchaient pas de partager une vision duale et traditionnelle des rôles sociaux de sexe et de défendre en particulier comme rôle prioritaire des femmes, celui d’épouse et de mère.

Si les premières écoles de service social sont créées au début du 20ème siècle, en Suisse comme dans plusieurs pays européens, c’est surtout après la Seconde Guerre mondiale que le travail social connaît un important essor et voit l’émergence de nouvelles professions, notamment l’éducation spécialisée et par la suite l’animation socioculturelle. C’est cette période encore largement méconnue et peu étudiée que nous souhaitons explorer et questionner dans le cadre de ce panel centré sur l’histoire du travail social dans une perspective de genre. Quelle place occupent les rapports sociaux de sexe dans l’émergence des nouvelles réflexions, pratiques et professions en travail social à partir des années 1950 ? Y a-t-il adhésion ou au contraire critique des normes sexuées opérée par les TS et les autres protagonistes de l’action sociale à cette période ? Quel est l’impact de la critique sociale et féministe des années 1970 sur le champ du travail social ? Les contributions proposeront des analyses de discours et de pratiques dans divers domaines d’intervention sociale afin de mettre en lumière les enjeux en matière de rapports sociaux de sexe.

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