Interroger le travail social sous l’angle des études et expériences trans*

Mercredi 20 novembre 2019
à la Haute école de travail social et de la santé, Lausanne

Inscriptions jusqu'au 5 novembre 2019

 

Interroger les pratiques en travail social et dans la recherche sous l’angle des études, des expériences et savoirs trans* est une nécessité au vu de la visibilité nouvelle des personnes trans* et des enjeux qui y sont liés.

Le but de cette après-midi d’études est de donner des outils pour questionner les postulats et pratiques cis-sexistes dans la recherche, l’enseignement et le travail social. Au travers de trois conférences et d’une table ronde, nous proposons plus particulièrement de travailler sur des enjeux liés à la transitude. Nous comprenons trans* comme les personnes qui ne sont pas ou pas totalement en accord avec le genre qui leur a été assigné à la naissance et qui questionnent le lien entre sexe et genre, qu'il y ait ou non des modifications corporelles. 

Deux axes rythmeront la journée : la pratique du travail social avec des personnes trans* et la représentation des personnes trans* dans les médias. Cette journée se veut aussi et surtout l’occasion de bénéficier de l’expertise de personnes concernées. Nous avons donc l’ambition que leur parole soit au centre de ce programme.

La récente visibilisation des personnes trans* en Suisse romande suscite des questionnements autour de la pratique du travail social, face à des situations qui déconstruisent la binarité de genre instituée au sein du monde occidental. Par exemple, si le diagnostic psychiatrique de ‘dysphorie de genre’ ouvre le remboursement des frais médicaux liés à la transition, il pathologise dans le même temps les personnes trans*. Ainsi, ces dernières, tout comme les professionnel·le·x·s du travail social, doivent composer avec ces paradoxes. 

Dans un tel contexte, les professionnel·le·x·s du travail social et de la recherche rencontrent des obstacles et peuvent se sentir démuni·e·x·s face à des situations nouvellement visibilisées :

  • Quelles sont ces situations ?
  • Quelles précautions adopter dans l’échange avec une personne usagère non cisgenre ?
  • Quelles sont les pratiques à éviter, et au contraire, celles qu’il convient d’adopter ?
  • Comment sortir d’une intervention individuelle et psychologisante entre personne cis et personne trans* ?

De même, des professionnel·le·x·s de la recherche sont confronté·e·x·s à des difficultés nouvelles lorsqu’il s’agit de se dégager des évidences cis-sexistes.

  • Quels sont les privilèges cis ?
  • Quels centrismes cis-sexistes orientent les pratiques de recherches ?
  • Comment limiter leurs effets en termes de rapports de pouvoir ?

Autant de questions abordées dans cette après-midi sous l’angle des études, savoirs et expériences trans*.

Public cible

  • Professionnel·le·x·s de la recherche
  • Professionnel·le·x·s du travail social
  • Enseignant·e·x·s
  • Etudiant·e·x·s
  • Et toutes personnes intéressées par les questions trans*, la recherche et le travail social

Thématiques

  • Travail social
  • Genre
  • Transitude

 

Entrée libre, sur inscription

 

Note

  • Trans* 
    L’astérisque ajouté au terme trans permet d’englober toutes les terminologies relatives à la transitude 
  • Professionnel·le·x·s
    Le x permet d'inclure les personnes qui ne se reconnaissent pas dans la binarité de genre

Programme

13h00 — 13h30

Accueil

13h30 — 14h00

Mot de bienvenue

14h00 — 15h00

Épistémologie du genre

Maud-Yeuse Thomas, chercheuse indépendante

15h00 — 15h15

Pause

15h15 — 16h15

Perspectives intersectionnelles et culturelles de la transitude

Karine Espineira, chercheuse indépendante

16h15 — 16h45

Pause

16h45 — 17h45

Articulation des questions trans* en travail social : pratiques et points de vue des intervenant·e·s sociaux

Maxime Faddoul, étudiant, Université du Québec à Montréal (UQAM)

17h45— 18h00

Pause

 

18h00— 20h00

Table ronde

Conférences

Épistémologie du genre

Maud-Yeuse Thomas, chercheuse indépendante

La dé-binarisation des genres dans notre société se fait plus ou moins en parallèle de la dépathologisation et dé-psychiatrisation. Je propose donc une interrogation épistémologique large : pourquoi parle-t-on d'identités sexuelles et de genre, qu’est-ce que cela signifie pour la population trans* et pour la population cisgenre ? Comment les re-significations en cours agissent sur la structure binaire de la société et donc sur la structure binaire des identités, soit le fait qu’il ne soit question que d'hommes et de femmes et de nul·le autre alors qu’il est connu qu'il en existe justement plein "d'autres".


Perspectives intersectionnelles et culturelles de la transitude

Karine Espineira, chercheuse indépendante

Panorama vulgarisé : popularisation dans les médias, transféminisme et études trans*.


Articulation des questions trans* en travail social : pratiques et points de vue des intervenant·e·s sociaux

Maxim Faddoul, étudiant

La communication se base sur sa recherche de maîtrise portant sur les pratiques d’intervention mises en œuvre par les intervenant·e·s sociaux avec les personnes trans* à Montréal. Elle traitera plus spécifiquement des éléments qui entravent ou facilitent la réponse aux divers besoins des personnes trans*, soit l'accès aux services sociaux, communautaires et de santé, l'autodétermination, le respect des droits et libertés, le soutien social et l'exploration de l'identité de genre. Des pistes de solution seront dégagées pour favoriser l’inclusion des personnes trans* dans ces services et une réflexion sur les rôles des professionnel·le·s des services sociaux œuvrant avec les personnes trans* sera réalisée.

Plans d'accès


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Adresse

Haute école de travail social et de la santé | EESP | Lausanne
Chemin des Abeilles 14
1010 Lausanne - Suisse

Organisation

Réseau de compétences : Genre et travail social (GeTS)

Contact

Justine Klay, Assistante HES
Membre du réseau de compétences : Genre et travail social (GeTS)
+41 21 651 03 88
justine.klay@eesp.ch