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Le supporter : un client de la société sportive de marché

Le stade a constitué, des décennies durant, un des emblèmes d’une géographie de la paix sociale. Il ressemble aujourd’hui à une bulle de violence. Cette dégradation n’est pas restée sans effet en Suisse : ce pays a adopté le 1er janvier 2007 une loi fédérale « anti-hooligan », inspirée des dispositifs ayant généralement cours en Europe. Cependant, malgré le durcissement de la loi et de l’action policière, la violence ne fait qu’augmenter depuis le milieu des années 2000.

Dans cet article, Christophe Jaccoud et Dominique Malatesta formulent trois hypothèses pour expliquer ce phénomène. Premièrement par la faible implication morale des responsables des clubs face à la violence, qu’ils appréhendent à partir de la théorie du reflet, le spectacle sportif ne faisant que refléter les malheurs du monde. Deuxièmement par les changements intervenus dans la socioéconomie du football (passage d’une « vieille » économie stationnaire à une économie du mouvement et des flux). Troisièmement par les théories expertes (des universitaires et des journalistes) consacrées à la violence dans les stades qui relativisent la teneur de comportements qui font pourtant du stade l’espace ouvert d’expressions extrémistes.

Christophe Jaccoud et Dominique Malatesta concluent en constatant que la nouvelle condition des supporters donne lieu à l’expansion de formes d’aliénation collective qui amènent certaines populations juvéniles à adhérer, via la passion, l’émotion et la violence, à des socialités régressives et inacceptables.

Résumé : Anne-Line Schminke

Auteur-e-s
Jaccoud Christophe
Malatesta Dominique
Références

Jaccoud, C., & Malatesta, D. (2009). Le supporter : un client de la société sportive de marché. Le Temps, 4 juin, 2.

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