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Penser l'accident du travail

La statistique ainsi que le mode de financement de l’assurance accident en Suisse tendent à démontrer que les inégalités face aux accidents du travail sont liées aux professions exercées, dont certaines seraient intrinsèquement plus dangereuses que d’autres. A partir d’une analyse statistique et des débats parlementaires passés et présents concernant les lois sur l’assurance accident, les auteur-e-s démontrent qu’en mettant l’accent sur l’activité professionnelle au détriment des conditions de la mise au travail, il résulte une représentation causale qui contribue à brouiller les inégalités sociales. L’explication causale de l’accident professionnel véhiculée par l’assurance accident, naturalise le risque d’accident pour certaines personnes, tout en niant à d’autres le droit à la reconnaissance. La division du travail crée des conditions de mise au travail dissemblables selon les groupes sociaux et donc des risques différents face aux accidents. Trois conséquences résultent de cette conception : la dépersonnalisation de la responsabilité en la faisant porter sur un secteur d’activité, le renforcement des hiérarchies entre les professions et une explication tronquée des inégalités sociales qui traversent les rapports de travail, notamment en terme de genre et entre les personnes d’origine nationale et étrangère. Dès lors, l’accident du travail participe à la production d’inégalités sociales et à la reproduction de l’ordre capitaliste et patriarcal.

Résumé : Sarah Kiani

Auteur-e-s
Probst Isabelle
Tabin Jean-Pierre
Waardenburg George
Références

Tabin, J.-P., Probst, I. & Waardenburg, G. (2010). Penser l'accident de travail. In T. David, V. Groebner, J. M. Schaufelbuehl & B. Studer (Eds.), La production des inégalités (pp. 121-130). Zurich : Chronos Verlag.

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